Journal de mai 2026

Yo !
C'est la fin du mois, c'est le moment de lancer ce format de résumé média avec tout ce que j'ai le plus aimé, sans se lancer dans de gros efforts pour écrire en profondeur sur les trucs. On va yap en règles ne vous en faites pas.


trucs qui se matent

déjà il y aura quelques films, mais peu. Je commence à peine à revenir dans une période où j'en regarde, je peux passser de longs mois à poliment ignorer cette forme, même si avril dernier n'a pas du tout été avare pour le coup ! Avec des très gros morceaux comme les deux volets des Castration Movie de Louise Weard, et d'autres visionnages excellent, pêle-mêle mon rattrapage de Chime de Kiyoshi Kurosawa que j'avais inexplicablement remis au lendemain tout ce temps, quand bien même j'adore ce réalisateur et que ce format plutôt court m'a rappelé pourquoi. Je mentionne aussi rapido mon amour pour la série de film Senritsu Kaiki Files Kowasugi que j'ai adoré jusqu'à son septième volet Final Chapter et vers laquelle je prévois de revenir très bientôt pour quelques tours, à savoir les deux films Cho-kowasugi et bien sûr le comeback en 2023 avec World Kowasugi qui me fait beaucoup, beaucoup envie. AH ET AUSSI, je le dis pour la prochaine fois, il va falloir s'habituer au Pro-Wrestling puisque je me suis remise à regarder AEW et j'aime beaucoup. C'est un peu relou parce que les pay-per-view se passent à la toute fin du mois mais au moins ça sera frais dans ma mémoire quand j'en parlerais, là je suis sur la fin de Double or Nothing 2026 et je suis tombée raide dingue de Konosuke Takeshita.


Allez ça part


太陽を盗んだ男 - The Man who stole the Sun (Hasegawa Kasuhiko, 1979)

Mon dieu. Pour moi on est sur un espèce de forme ultime de cinéma spectaculaire japonais fin 80, qui brasse tellement dans ses restes post-guerre (et donc post-nucléaire) avec un panache qui me fait me dire : on est peut-être sur le film japonais le plus "nouvel hollywood" dans le geste que j'ai pu voir. Le ride est fou, Sawada Kenji me régale tout simplement avec sa coupe à la Dustin Hoffman à faire le cake pendant les généreuses 2h30, c'est filmé et photographié tellement magnifiquement et le protagoniste est tellement ludicrous qu'il est juste trop fun à suivre, puisqu'il se démène à faire sa propre bombe atomique pour devenir l'autoproclamé numéro 9: il est à lui seul le 9ème pays à être armé nucléairement, et il s'en sert pour blackmail et emmerder le policier avec qui il sera médaillé pour avoir survécu à un attentat. Génie. Comme j'ai dit je ne partirais pas en très long rant, le film me donne très envie de me renseigner sur les personnes impliquées et sur son époque, et puis aussi de le revoir, parce que quel pied.


Sombre et Un Lac (Philippe Grandrieux, 1998 et 2008)

Petit tir groupé, parce que je suis en train de replonger dans le cinéma de Philippe Grandrieux. Ayant déjà vu La Vie Nouvelle il y a assez longtemps maintenant, je me le garde pour plus tard une fois que j'aurais vu son dernier long-métrage en date Malgré la Nuit (2015). J'avais gardé un souvenir de La Vie Nouvelle assez particulier, assez flou, et il faut dire que le film n'aide pas. Je me souviens d'un sound design et une direction musicale très dark ambient qui m'avait beaucoup impressionné, et il en va de même pour le geste général très formel et brut du réalisateur, quelque chose de "primitif". Je me souviens que ça y allait pas mal niveau représentation de VSS, et c'est peut-être ça qui m'avait fait repousser le visionnage de Sombre à l'époque.


Sombre est peut-être son plus écrit, ça ne m'étonnerais pas de le constater. On trouve déjà comment le réalisateur mobilise la sous-exposition comme force, ce qui fait que le film est donc littéralement sombre et tend donc à rendre le titre du film très littéral et factuel sur l'expérience d'errance qu'on regarde, c'est une sorte d'errance dans les limbes de l'amour et du contact, les deux personnages principaux sont particulièrement insondable et ça donne lieu à une dynamique vraiment curieuse. Il y a une scène vers la fin du film que j'ai adoré, Claire se faisant passer pour une femme mariée et violentée est recceuillie et hébergée au milieu de la nuit par une autre femme. Elle parle de son mariage, son deuil, son premier amour passé. Elle murmure le souvenir intime de retrouver son amant en secret la veille de sa mort. La mise en scène du monologue m'a vraiment tapé dans l'oeil poétiquement, je suis assez impressionnée par la vision du réalisateur en terme de moments esthétiques, que ce soit cette scène ou d'autre, notamment une ou on s'enfonce en voiture, les phares éclairant les arbres de chaque côté, un chant lancinant à voix grave en fond. Je pense vraiment que Grandrieux a très bien réussi à récupérer du Lynch et à le digérer, évidemment ça fait penser à Lost Highway, et je ne sais pas si j'ai déjà vu d'autres réalisateurs si bien reprendre des motifs et des émotions du David.

Un Lac au contraire est une expérience d'épure très particulière, 1h25 de froid, seulement rompu par des scènes d'intérieur où on ne discerne jamais vraiment le lieu, les personnages toujours sous-éclairé, jamais vraiment ensemble que quand ils s'aggripent physiquement. C'est un drôle de feeling que ce film, l'espace et le lieu m'a beaucoup marqué, il y a un côté très ésotérique bizarre dans cet endroit jamais vraiment défini. à revoir, j'ai envie de m'imprégner à nouveau de ce monde filmé, de ressentir l'errance des personnages, notamment le personnage principal Alexi qui vit un abandon, qui vit le temps qui passe.

Séries

チ。地球の運動について - Chi/Du mouvement de la Terre

Je suis super impressionnée encore une fois par Uoto, l'auteur du manga original qui avait également écrit 100 M, adapté magnifiquement en film. Ce mec a genre 4 ans de plus que moi, et ses trucs me laisse toujours bouche-bée en terme d'humanisme et de sagesse. C'est très touchant pour moi de voir un mangaka aussi jeune avoir visiblement si bien intériorisé le danger de consacrer sa vie à un idéal, un effort, une discipline, et en quoi il faut, juste, vivre. Pour être honnête, Chi est tellement une histoire qui se renouvelle à chaque arc qu'elle finit par revenir sur soi-même en se remettant entièrement en question dans un geste que j'ai trouvé tellement audacieux que je n'en dirais pas plus, j'en ai déjà bieeen trop dit et la surprise d'avoir été confronté à ça m'a beaucoup impressionné. évidemment je fais de gros bisous à Sakanaction pour l'opening et Yorushika pour les deux endings de la série, ça tombe bien puisque j'ai adoré le dernier album de Yorushika et je suis en train de devenir ouf de Sakanaction aussi. Ok ce sont des groupes très très populaire au japon mais il faut dire que la série ne perds pas le nord avec son Kensuke Ushio à la bande-son, compositeur qui m'émerveille depuis Silent Voice et Devilman Crybaby.


TAROMAN - Taro Okamoto's Tokusatsu Drama

Petit mot sur Taroman !! C'est trop bien !


C'est une série produite par la NHK sur l'artiste Taro Okamoto qui est ici présenté par le biais d'une vraie-fausse série de Tokusatsu de l'ère Showa avec son héros Taroman. Bien sûr la série est essentiellement inspirée du modèle de Ultraman (je précise ne pas avoir vu Ultraman en entier mais avoir vu quelques épisodes ici et là, c'est prévu que j'y reviennes un jour), et c'est vraiment trop chouette, déjà c'est super drôle, et ya un côté n'importequoi dans la manière de reprendre les citations célèbres de l'artiste et ses oeuvres dans les designs que j'ai trouvé vraiment marrante, rien que les chants "nanda kore wa" en fond quand les monstres arrivent me font trop rire, et je parle même pas des vrais gag comme la blague récurrente du patron qui se fait écraser son immeuble, ou alors l'épisode où des artistes de renom comme Osamu Dazai (visiblement, enfin si j'ai bien compris) sont isolé tout seul dans des capsules parce que la solitude stimule leur génie créatif et que Taroman trouve ça cool et les laisse dans leur merde, trop fort.


C'est une petite série de 10 épisodes très court et c'est une sorte de gros statement sur la création que j'aime vraiment bien, le héros brandit la citation "L'art est une explosion" comme une réponse à l'absurde et c'est vraiment beau à voir, surtout par le biais de cette parodie passionnée de Tokusatsu.


Half Man

Alors là. Je suis vraiment tombée amoureuse de cette minisérie, et à l'heure où j'écris ces lignes nous sommes la veille de son épisode final. Tous les épisodes m'auront passionnée, moi qui ignorais que Richard Gadd était revenu pour une autre minisérie après Baby Reindeer que j'avais adoré aussi, qui m'avait prise au dépourvu et bousculée (et je suis là pour ça). Pour parler un peu de mes affects et de pourquoi Richard Gadd rentre dans mes auteurs à suivre, je suis particulièrement anti-punitiviste dans mes convictions et m'intéresse plutôt à l'idée de justice transformatrice, au traitement de la "victimhood", évidemment au patriarcat en tant que système, et bien sûr aux dimensions queer. Je reviens vite fait sur Baby Reindeer pour rappeler aux néophytes que c'est un drame auto-biographique très vulnérable de son créateur, qui s'ouvre d'abord sur l'histoire sordide de stalking qu'il a subi comme sorte de grand fil rouge pour développer au fur et à mesure sur le rapport de quelqu'un à ses traumatismes (il évoque notamment pour la première fois un viol qu'il a subi) et sa sexualité, puisqu'il confie aussi être bisexuel. J'avais trouvé la série assez brillante justement sur la question du ressentiment, du cycle des traumas et de la place dysfonctionnelle de la justice dans l'équation. Je pense que je foncerais revoir la série après Half-man, pourquoi pas même écrire davantage dessus, mais je reviens donc sur cette dernière qui, pour le coup, est entièrement fictionnelle.


On y suit la longue relation tumultueuse d'emprise entre Niall, homosexuel, et Ruben, son demi-frère "enfant à problème". J'aime pas trop le terme, ni résumer ces personnages à ces seules étiquettes, mais la série fait un effort considérable pour aller complètement au delà de ce postulat et mettre à mal les déterminismes de ces gens qui pourtant conditionne toute leur vie. La série ne pose jamais vraiment de jugement, et explore l'histoire de ce conflit aussi incomfortable soit-il et cette amitié ambigüe sur un très long termes, alors que les traumas de chacun les font évoluer dans des directions super intéressante, et que la série nous largue tout d'abord à la fin des évènements (c'est à dire le mariage de Niall) pour refaire la chronologie au fur et à mesure.


Je pense que la question principale de Half Man est "est-ce que les gens changent", et la justesse de traitement pour une série dont chaque épisode me bouscule autant me rends vraiment admirative. J'ai dis que la série ne juge jamais vraiment, mais évidemment, en tant que spectateurice, l'affect est omniprésent, et c'est génial. On a de la peine pour Niall, on déteste Ruben, on a de la peine pour Ruben, on aime les voir ensemble, on a peur de les voir ensemble, et puis surtout on finit par détester Niall, et ça c'est génial aussi. J'en reviens toujours mentalement à Bojack Horseman, "C'est ça le truc, je ne pense pas que je crois en "au fond". Je pense qu'on est juste nos propres actions." Au bout du compte, tu peux regarder les dominos derrière toi autant que tu veux, c'est ce qui te briseras si tu n'essaie pas de t'aimer et aimer les autres. Sauf que ça peut être le truc le plus difficile sur terre. c'est vraiment une histoire triste Half Man parce que c'est une relation de deux personnes qui ont jamais vraiment pu s'aimer sincèrement à cause de tout un tas de tabou et de règle dans la manière qu'a un homme d'exister.


le beat est bon

ça va être un peu court parce que j'ai moins de chose à dire, surtout que c'est des gros morceaux desquels je ne me suis pas encore assez imprégné. Déjà le dernier Yorushika est super, Second Person, j'ai l'album 834.194 de Sakanaction qui tourne beaucoup aussi, et puis il y a le colossal The Birth and Death of the Universe Through Mount Fuji de 3776 qui mériterait un article à lui tout seul quand j'aurais mieux creusé l'envergure conceptuel de l'album, mais c'est vraiment du lourd.

trucs de manette

Quand faut y aller...

Kingdom Hearts II Final Mix (2005)

Des fois je lance un jeu en préssentant que ça va être un des meilleurs trucs, et puis je continue en revoyant mon ressenti à la baisse, même si j'aime toujours. J'ai eu ça avec Persona 2 Innocent Sin plus tôt dans l'année, j'adore le cast et les idées de scénar, mais la deuxième moitié m'a un peu usée, même si ya des trucs super. Kingdom Hearts II ne m'aura pas fait fléchir de tout son main game. J'ai actuellement 68 heures de jeu et j'ai bien dû en avoir 45-50 pour boucler l'histoire, et tout m'a toujours donné envie de continuer, d'en voir plus, de taper des ennemis et surtout de passer plus de temps avec ses personnages.


Kingdom Hearts premier du nom est un jeu de mon enfance auquel je suis très attachée, particulièrement pour sa drôle d'ambiance, sa DA, ses musiques et le simple fait de mêler Disney à Final Fantasy. C'est un jeu que je n'ai fini que plus tard, en 2021 je dirais. Puis une amie m'a faite reprendre avec Chains of Memories, version originale sur GBA, que j'ai bien aimé ! Et évidemment, c'est ce jeu qui pose pas mal de base pour KH2 à savoir l'Organisation XIII et Naminé.


à vrai dire je sais pas trop sur quoi élaborer, pourtant c'est un de mes nouveaux jeux préférés, le gameplay est impossible à lâcher et surtout, tous les défauts de conception ici et là du premier sont corrigé, j'ai vraiment pas grand chose à redire. à la rigueur il faut que la tasse dans le château de la belle et la bête aille se faire foutre et j'aime juste pas trop le boss de Tron là MCP, mais franchement c'est tout. Oui parce qu'aussi la sélection d'univers Disney est vraiment sympa, très marqué Disney Renaissance évidemment mais il y a aussi quelques surprises !


Ce que j'aime beaucoup dans les mondes KH c'est les redesign de Sora, déjà je dois dire que je grandis et je vieillis donc Sora devient petit à petit ultra moe pour moi comme si c'était mon gosse, mais voilà j'ai juste trop aimé le suivre il me donne trop le smile et il a des design vraiment trop kiki.


C'est dur de parler de KH2 sans parler de Roxas, qui est vraiment une excellente idée je trouve, j'ai beaucoup aimé ce qui était fait avec ce personnage, notamment le célèbre long prologue du jeu évidemment. J'imagine aisément que KH2 est peut-être le début d'un KH qui devient un peu alambiqué avec ces histoires de Nobodies, mais en soit j'ai trouvé ça très cool, et pis l'important c'est la vibe optimiste de la lumière les ténèbres le pouvoir de l'amitié et le tintouin que j'aime beaucoup ici :')


Evidemment le taf de Yoko Shimomura n'est plus à présenter, c'est dingue, Hikaru Utada pareil, Sanctuary c'est culte. Bref, j'en suis au post-game, je suis en critical donc les boss me donnent pas mal de fil à retordre mais je lâche rien haha. Mais voilà j'ai passé deux semaines super cool dans le main game et des fois il faut juste poser la manette et pleurnicher devant la dernière cutscene avec Sanctuary qui se lance.


Vampy
(sources image : letterboxd, backloggd, genkosha.pictures)